Taxis casablancais

Publié le par Adelie

taxis.JPGLes "petits taxis" sillonnent Casablanca, slaloment, retournent, reviennent, repartent, ils vous prennent en charge d'un bout à l'autre de la ville, ils sont le lien, ils font la sève des grandes artères, du boulevard Mohamed V à Mers Sultan, partout, ils sont là, quelques fois en meutes aux feux rouges, nerveux, vérifiant les passants qui les hèlent depuis le trottoir. 

Pour conduire dans Casa aux heures de pointe, il faut des nerfs d'acier. C'est une qualité courante des chauffeurs de taxi types ; restant sereins dans les encombrements, prêts pourtant, à se dégager d'un vif coup de volant, déboîtant, frôlant quelques fois l'accident, et ... klaxonnant toutes les dix secondes. De fait, au centre ville, c'est un fréquent concert de klaxon. Mais ne nous méprenons pas : le coup de klaxon casablancais, n'a absolument rien d'une insulte de charretier. Klaxonner est simplement le moyen de faire savoir qu'on est présent dans la file d'à côté, qu'on va sans doute amorcer, peut-être, un contournement, donc, bougez-vous de là ... klaxonner ne veut dire pas dire "danger", mais juste : "laissez-moi donc passer".  

hmarL'insulte la plus typique du chauffeur de taxi serait, selon mes statistiques : "vite, espèce d'âne !" "zid a h'mar !" Que dire d'un automobiliste qui malgré un répertoire plutôt riche en insultes fleuries, voire obscènes, choisit la sobre apostrophe d'âne, ou "h'mar" ? Quoi ? juste une allusion à ce gentil petit animal à qui nos parents nous ont forcément un jour ou l'autre comparés lorsqu'on ramenait une mauvaise note ?  Nous dirons qu'il ne peut être mauvais, ce chauffeur qui vous taxe d'âne, comment ? une telle sobriété, un si manifeste self-controle, voila qui fait du taximan casablancais un automobiliste incomparable. 

Publié dans Maroc

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@rmel 25/10/2011 19:47



Oui, ces taxis claxonnent à tords et à travers, et quand ils brulent un feu rouge .......... Ils tuent



Adelie 25/10/2011 19:54



il faut un jour, oui, dans Casablanca, où un taxi brûlant un feu rouge, prit la vie d'un papa qui rentrait du travail sur sa moto. Les taxis des années 70 étaient, à cette époque, moins nombreux
qu'en 2010, ils n'avaient pas d'excuse. Une pensée profonde pour les motards qui n'ont d'autre protection que leur blouson et leur casque, dans cette ville grouillante de machines aux parechocs
hurlants aux carosseries antichocs.