Randonnée à la Canalisation des orangers

Publié le par Christine Dujardin

le sentier de la canalisation des orangersUne si jolie promenade, pour qui redoute les montées et les descentes ... Onze kilomètres environ, sur du plat, à flanc de montagne, le long du lit de la Rivière des Galets, et on aboutit au tout petit village des Lataniers, qui n'a jamais vu une voiture. Nous sommes sur l'île de la Réunion, côte ouest, départ par Sans-Souci, dans les hauts.
Certes c'est plat, mais je ne vais pas cacher les choses : il y a un hic, quand même, c'est l'atroce route montante, caillouteuse, en lacets, (« chemin terrain bleu »), passage obligatoire avant le sentier plat, et qui démarre la balade.  Si je dis atroce, j'ai des preuves, il suffit de compter au sol, le nombre de  pauvres vieilles semelles de tongues abandonnées, ou semelles de tennis, voire autre croquenots… Débâcle de Russie, retraite d'Egypte, j'ai maugréé tout le long du chemin bleu, oui, j'avais le blues. Et puis, on oublie, la montagne s'ouvre, et le chemin bleu n'est alors plus qu'un mauvais souvenir, car là commence le sentier idéal. En contrebas, la rivière chemine vers l'océan dans un lit de galets. Ne pas avoir peur du vertige, le sentier étant assez large et bordé d'une végétation abondante. Outre la vue saisissante, parfois, sur les montagnes, la flore est distrayante à souhait, on ne peut s'ennuyer. Si l'îlet des Lataniers se situe à 610 mètres d'altitude, le sentier de la canalisation doit être à peu près à la même altitude. Les livres de rando déconseillent l'endroit pour les personnes sujettes au vertige, pourtant il y a pire, et il est rare que la vue soit plongeante vers le bas de la falaise.
au milieu des fleurs variées, la feuille rouge de l'oranger
Au bout de deux heures de marche sur le sentier, environ, nous passons sous la cascade Flamant, c'est vivifiant, le passage se fait sur un ponton bien entretenu, avec un filin courant le long de la paroi rocheuse pour qu'on puisse s'accrocher. Délectation ! On est arrosé de la tête aux pieds, ça rafraichit agréablement. Ce n'est pas la cascade de Tintin dans "Le Temple du Soleil", d'accord, et on ne passe pas au travers, ok, cependant on passe bel et bien sous la nuée humide et assez longtemps, au moins une vingtaine de mètres. Ensuite le paysage ressemble à ce nous avons vu précédemment, toujours pareil : le lit de la rivière en contrebas, où parfois on entrevoit des 4x4, et de l'autre côté de la rivière, la falaise de la montagne en face, mais peu à peu, le lit se resserre. Il m'arrive une sensation étonnante, alors que la falaise d'en face présente une sorte de renfoncement, j'ai l'impression tout à coup, que la montagne respire, que le renfoncement se gonfle et se dégonfle doucement, devenant successivement convexe puis concave ! un peu comme cette fameuse illusion d'optique sur le sens de la profondeur, que l'on observe lorsqu'on regarde le moulage d'un visage, le creux tourné vers l'observateur, et qu'on a l'impression de voir le visage à l'endroit... j'ai du mal à détacher mon regard de la montagne, je voudrais bien appeler mes camarades pour leur faire constater mais à cet instant précis, ils sont loin, dommage.

L'îlet des Lataniers, fin d'après-midiFar Far longtemps, marchons encore et bientôt, au loin, sur une sorte de pic, apparaît enfin le tout petit village de l'îlet des Lataniers. Le choix est proposé à une bifurcation du sentier : îlet des Lataniers ou bien îlet des Orangers. Nous optons pour les Lataniers où nous avons réservé un gîte.
Peu avant l'arrivée au village, la canalisation que nous avons sentie parfois sous nos pieds, part en gros conduits à l'air libre, avec force fuites d'eau auxquelles nous nous arrosons. De l'îlet paisible qui se repose du soleil dans la fin du jour, nous parviennent des chants de coqs lève-tard. La chaleur de ce mois d'été austral est encore pesante, et savez-vous pourquoi, alors que le soleil disparait derrière les montagnes ? la pierre de la falaise conserve le chaud et nous le renvoie comme un calorifère : lorsque nous nous accrochons à un rocher, quelques fois, nous sommes surpris par cette sensation chaude sous nos mains...
Le soir, dans le dortoir du gîte, autre surprise, nous croirons ne pas pouvoir dormir, car les villageois font la fête, la musique est forte, du reggae, je crois, entrecoupée parfois de cris d'enfants joyeux. Mais finalement le sommeil est plus fort.
îlet des Lataniers, petit déjeuner au gite
Au petit jour, rapide visite du village endormi. La case du propriétaire de notre gîte est dotée d'un portail imposant, avec deux statuettes de lions de part et d'autre, peintes en orange, c'est vraiment drôle, qui a porté ce ciment, qui a porté les statues, si loin, si longtemps ?
Il reste ça et là des bouteilles de coca-cola pas tout à fait vidées, des timbales, vestiges de la fête d'hier soir. portillon gardé par deux lions, puis lavabos paysagersLes villageois sont baba-cools... respectons leur grasse matinée ! même les jeunes chiens du village évitent de japper, tout en nous accompagnant sautillant entre poules et poussins. Fin du récit.
Randonnée vivement conseillée, grand spectacle.
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Publié dans La Réunion

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